.: ABC du Vin :.
Appellations et Crus classés
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T V W Z
BA BE BI BL BO BR BU
BON BOR BOU

Bordeaux

Catégorie de l'appellation
Classement AOC
Date du classement 14/11/1936
Carte
Caractéristiques géographiques
Pays France
Région Bordelais
Sous-région
Commune(s)
  • Abzac, Aillas, Ambarès et Lagrave, Ambès, Anglade, Arbanats, Arbis, Arcins, Arsac, Les Artigues de Lussac, Artigues près Bordeaux, Arveyres, Asques, Aubiac, Aubie et Espessas, Auriolles, Auros, Avensan, Ayguemorte les Graves, Bagas, Baigneaux, Balizac, Barie, Baron, Barsac, Bassanne, Bassens, Baurech, Bayas, Bayon sur Gironde, Bazas, Beautiran, Bégadan, Bègles, Béguey, Bellebat, Bellefond, Belvès de Castillon, Bernos-Beaulac, Berson, Berthez, Beychac et Caillau, Bieujac, Les Billaux, Birac, Blaignac, Blaignan, Blanquefort, Blasimon, Blaye, Blésignac, Bommes, Bonnetan, Bonzac, Bossugan, Bouliac, Bourdelles, Bourg, Branne, Brannens, Braud et Saint-Louis, La Brède, Brouqueyran, Budos, Cabanac et Villagrains, Cabara, Cadarsac, Cadaujac, Cadillac, Cadillac en Fronsadais, Camarsac, Cambes, Camblanes et Meynac, Camiac et Saint-Denis, Camiran, Camps sur l'Isle, Campugnan, Canéjan, Cantenac, Cantois, Capian, Caplong, Carbon-Blanc, Cardan, Carignan de Bordeaux, Cars, Cartelègue, Casseuil, Castelmoron d'Albret, Castelnau de Médoc, Castelviel, Castets en Dorthe, Castillon de Castets, Castillon la Bataille, Castres-Gironde, Caudrot, Caumont, Cauvignac, Cavignac, Cazats, Cazaugitat, Cénac, Cenon, Cérons, Cessac, Cestas, Cézac, Chamadelle, Cissac-Médoc, Civrac de Blaye, Civrac en Médoc, Civrac sur Dordogne, Cleyrac, Coimères, Coirac, Comps, Coubeyrac, Couquèques, Courpiac, Cours de Monségur, Cours les Bains, Coutras, Coutures, Créon, Croignon, Cubnezais, Cubzac les Ponts, Cudos, Cursan, Cussac Fort-Médoc, Daignac, Dardenac, Daubèze, Dieulivol, Donnezac, Donzac, Doulezon, Les Églisottes et Chalaures, Escoussans, Espiet, Les Esseintes, Étauliers, Eynesse, Eyrans, Eysines, Faleyras, Fargues, Fargues Saint-Hilaire, Le Fieu, Flaujagues, Floirac, Floudès, Fontet, Fossès et Baleyssac, Fours, Francs, Fronsac, Frontenac, Gabarnac, Gaillan en Médoc, Gajac, Galgon, Gans, Gardegan et Tourtirac, Gauriac, Gauriaguet, Générac, Génissac, Gensac, Gironde sur Dropt, Gornac, Gours, Gradignan, Grayan et l'Hôpital, Grézillac, Grignols, Guillac, Guillos, Guîtres, Le Haillan, Haux, Hure, Illats, Isle Saint-Georges, Izon, Jau-Dignac et Loirac, Jugazan, Juillac, Labarde, Labescau, Ladaux, Lados, Lagorce, Lalande de Pomerol, Lamarque, Lamothe-Landerron, La Lande de Fronsac, Landerrouat, Landerrouet sur Ségur, Landiras, Langoiran, Langon, Lansac, Lapouyade, Laroque, Laruscade, Latresne, Lavazan, Léogeats, Léognan, Lesparre-Médoc, Lestiac sur Garonne, Les Lèves et Thoumeyragues, Libourne, Lignan de Bazas, Lignan de Bordeaux, Ligueux, Listrac de Durèze, Listrac-Médoc, Lormont, Loubens, Louchats, Loupes, Loupiac, Loupiac de la Réole, Ludon-Médoc, Lugaignac, Lugasson, Lugon et l'Île du Carnay, Lussac, Macau, Madirac, Maransin, Marcenais, Marcillac, Margaux, Margueron, Marimbault, Marions, Marsas, Martignas sur Jalle, Martillac, Martres, Masseilles, Massugas, Mauriac, Mazères, Mazion, Mérignac, Mérignas, Mesterrieux, Mombrier, Mongauzy, Monprimblanc, Monségur, Montagne, Montagoudin, Montignac, Montussan, Morizès, Mouillac, Mouliets et Villemartin, Moulis en Médoc, Moulon, Mourens, Naujac sur Mer, Naujan et Postiac, Néac, Nérigean, Neuffons, Le Nizan, Noaillac, Noaillan, Omet, Ordonnac, Origne, Paillet, Parempuyre, Pauillac, Les Peintures, Pellegrue, Périssac, Pessac, Pessac sur Dordogne, Petit Palais et Cornemps, Peujard, Le Pian-Médoc, Le Pian sur Garonne, Pineuilh, Plassac, Pleine-Selve, Podensac, Pomerol, Pompéjac, Pompignac, Pondaurat, Porchères, Portets, Le Pout, Préchac, Preignac, Prignac en Médoc, Prignac et Marcamps, Pugnac, Puisseguin, Pujols, Pujols sur Ciron, Le Puy, Puybarban, Puynormand, Queyrac, Quinsac, Rauzan, Reignac, La Réole, Rimons, Riocaud, Rions, La Rivière, Roaillan, Romagne, Roquebrune, La Roquille, Ruch, Sablons, Sadirac, Saillans, Saint-Aignan, Saint-André de Cubzac, Saint-André du Bois, Saint-André et Appelles, Saint-Androny, Saint-Antoine, Saint-Antoine du Queyret, Saint-Antoine sur l'Isle, Saint-Aubin de Blaye, Saint-Aubin de Branne, Saint-Aubin de Médoc, Saint-Avit de Soulège, Saint-Avit-Saint-Nazaire, Saint-Brice, Saint-Caprais de Blaye, Saint-Caprais de Bordeaux, Saint-Christoly de Blaye, Saint-Christoly Médoc, Saint-Christophe de Double, Saint-Christophe des Bardes, Saint-Cibard, Saint-Ciers d'Abzac, Saint-Ciers de Canesse, Saint-Ciers sur Gironde, Saint-Côme, Saint-Denis de Pile, Saint-Émilion, Saint-Estèphe, Saint-Étienne de Lisse, Saint-Exupéry, Saint-Félix de Foncaude, Saint-Ferme, Saint-Genès de Blaye, Saint-Genès de Castillon, Saint-Genès de Fronsac, Saint-Genès de Lombaud, Saint-Genis du Bois, Saint-Germain d'Esteuil, Saint-Germain de Grave, Saint-Germain de la Rivière, Saint-Germain du Puch, Saint-Gervais, Saint-Girons d'Aiguevives, Saint-Hilaire de la Noaille, Saint-Hilaire du Bois, Saint-Hippolyte, Saint-Jean d'Illac, Saint-Jean de Blaignac, Saint-Julien Beychevelle, Saint-Laurent d'Arce, Saint-Laurent des Combes, Saint-Laurent du Bois, Saint-Laurent du Plan, Saint-Laurent Médoc, Saint-Léon, Saint-Loubert, Saint-Loubès, Saint-Louis de Montferrand, Saint-Macaire, Saint-Magne de Castillon, Saint-Maixant, Saint-Mariens, Saint-Martial, Saint-Martin de Laye, Saint-Martin de Lerm, Saint-Martin de Sescas, Saint-Martin du Bois, Saint-Martin du Puy, Saint-Martin Lacaussade, Saint-Médard d'Eyrans, Saint-Médard de Guizières, Saint-Médard en Jalles, Saint-Michel de Fronsac, Saint-Michel de Lapujade, Saint-Michel de Rieufret, Saint-Morillon, Saint-Palais, Saint-Pardon de Conques, Saint-Paul, Saint-Pey d'Armens, Saint-Pey de Castets, Saint-Philippe d'Aiguille, Saint-Philippe du Seignal, Saint-Pierre d'Aurillac, Saint-Pierre de Bat, Saint-Pierre de Mons, Saint-Quentin de Baron, Saint-Quentin de Caplong, Saint-Romain la Virvée, Saint-Sauveur, Saint-Sauveur de Puynormand, Saint-Savin, Saint-Selve, Saint-Seurin de Bourg, Saint-Seurin de Cadourne, Saint-Seurin de Cursac, Saint-Seurin sur l'Isle, Saint-Sève, Saint-Sulpice de Faleyrens, Saint-Sulpice de Guilleragues, Saint-Sulpice de Pommiers, Saint-Sulpice et Cameyrac, Saint-Trojan, Saint-Vincent de Paul, Saint-Vincent de Pertignas, Saint-Vivien de Blaye, Saint-Vivien de Médoc, Saint-Vivien de Monségur, Saint-Yzan de Soudiac, Saint-Yzans de Médoc, Sainte-Colombe, Sainte-Croix du Mont, Sainte-Eulalie, Sainte-Florence, Sainte-Foy la Grande, Sainte-Foy la Longue, Sainte-Gemme, Sainte-Hélène, Sainte-Radegonde, Sainte-Terre, Salaunes, Salignac, Salleboeuf, Les Salles de Castillon, Samonac, Saucats, Saugon, Sauternes, La Sauve, Sauveterre de Guyenne, Sauviac, Savignac, Savignac de l'Isle, Semens, Sendets, Sigalens, Sillas, Soulac sur Mer, Soulignac, Soussac, Soussans, Tabanac, Le Taillan-Médoc, Taillecavat, Talais, Talence, Targon, Tarnès, Tauriac, Tayac, Teuillac, Tizac de Curton, Tizac de Lapouyade, Toulenne, Le Tourne, Tresses, Le Tuzan, Uzeste, Valeyrac, Vayres, Vendays-Montalivet, Vensac, Vérac, Verdelais, Le Verdon sur Mer, Vertheuil, Vignonet, Villandraut, Villegouge, Villenave-d'Ornon, Villenave de Rions, Villeneuve, Virelade, Virsac, Yvrac.

Sol
Superficie (ha) 59000
Climat Océanique
Couleurs et cépages
Couleur(s) Blanc / Rosé / Rouge
Encépagement Cabernet franc, Cabernet-sauvignon, Carmenère, Colombard, Côt (ou Malbec), Mauzac, Merlot, Muscadelle, Ondenc, Petit verdot, Sauvignon, Sémillon, Ugni blanc
Production (hl)
Dégustation
Type de vin
Température de service
Garde potentielle
Autres informations
Appellation(s) rattachée(s)
Appellation(s) de repli(s)
Site internet Site du conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux
Caractéristiques
.: ABC du Vin :.

Présentation :
Cette appellation est une des plus importantes de France. Elle regroupe environ 500 communes, représente près de 25 % de la production totale des vins d'appellation français pour une superficie de 115000 hectares soit 14 % de la superficie du vignoble français et 10 % de la superficie du département de la Gironde.
Elle s'établit dans des limites correspondant approximativement à celle du département de la Gironde moins la forêt landaise. Il s'agit du troisième département viticole français après l'Hérault et l'Aude.
Le vignoble est installé sur des plateaux et des coteaux organisés autour d'un réseau hydrographique (Dordogne et Garonne principalement) débouchant sur l'estuaire de la Gironde et sa plaine alluviale.
Les sols sont essentiellement constitués d'un socle calcaire recouvert d'argiles, de graviers et/ou de sable.
La zone géographique du bordelais regroupe une soixantaine d'appellation d'origines protégées.

Histoire :
La présence de la vigne remonte à l'époque gallo-romaine. Dès 40 après J.C. Lucius Iunius Moderatus Columella dit Columelle dans son quatrième livre ou volume du Res rustica consacré à la culture des vignobles cite le cépage Biturica ou biturigiaca, spécialité du Berry (Bituriges Cubi) ou du Bordelais (Bituriges Vivisci). Ce cépage très productif permettant de produire un vin de garde dès cette époque.
Entre 50 et 70, des amphores sont fabriquées dans le Bordelais et entre 65 et 75, des amphores ayant une forme spécifique sont produites pour transporter le vin de Bordeaux.
Sans doute dès 140/150, l'amphore disparaît au profit du tonneau plus léger et plus maniable.
Après la chute de l'empire romain, ce sont les ordres religieux qui continuent à cultiver la vigne et à la développer. La vigne est alors essentiellement présente dans l'Entre-Deux-Mers.
Dès le 7ème siècle, les vins de bordeaux s'exportent vers l'Espagne sous influence arabe.
Le 18 mai 1152, Aliénor d'Aquitaine (1122 ou 1124-1204) épouse Henri Plantagenêt (1133-1189) comte d'Anjou, du Maine et de Touraine, duc de Normandie et futur roi d'Angleterre (1154-1189) sous le nom d'Henri II Plantagenêt et lui apporte le duché d'Aquitaine. A compter de cette époque, l'exportation des vins produits dans toute l'Aquitaine, mais également en Anjou et Poitou s'effectue essentiellement depuis le port de La Rochelle.
Le 15 avril 1214, Jean sans terre (1166–1216), duc de Normandie (1199-1204) et roi d’Angleterre (1199-1216) exempte les bourgeois de toute redevance pour les vins provenant de leurs vignes et déclare les marchandises franches de tout droit dans la cité. A cette époque, la vigne était cultivée dans l'enceinte même de Bordeaux, sur les palus de la gironde et débordait vers la forêt à l'ouest de la cité.
Le 3 août 1224, La Rochelle est annexée par le roi de France Louis VIII (1187-1226) ce qui a pour conséquence de permettre au port de Bordeaux de devenir le pivot du commerce du vin avec l’Angleterre.
La perte de l'Anjou et du Poitou aboutisse à un développement de la culture de la vigne autour de la ville de Bordeaux et dans le « Bas-Pays », le Haut-Pays (Bergerac, Cahors, Gaillac…) étant repris par les armées françaises.
A compter du 13ème siècle, débute la création de grands vignobles et le développement du négoce par la bourgeoisie et les ordres religieux.
En 1241, Henri III Plantagenêt (1207-1272) accorde aux viticulteurs bordelais ce que l'on appelle le Privilège de Bordeaux : l'interdiction aux vins du haut-pays d'entrer dans le port de Bordeaux avant la Saint-Martin (11 novembre) ce qui permet d'écouler plus aisément les vins du vignoble de la région bordelaise. Les campagnes d'approvisionnement des bateaux provenant de l'Angleterre ayant lieu au printemps et à l'automne.
Parallèlement, le roi d'Angleterre accorde également un allègement d'impôts sur les vins. Cela a pour conséquence d'améliorer les bénéfices des marchands, de permettre le développement du vignoble (plantation de vignoble vers Fronsac, Libourne et Saint-Émilion) et au vin de devenir la première marchandise transitant par le port de Bordeaux. L'activité de Bordeaux atteignant alors en 1309 un niveau record de 102724 tonneaux (924516 hl) dont plus de la moitié des vins viennent du Haut-Pays. Près de la moitié des exportations sont à destination du Royaume-Uni. Bordeaux ne retrouvera ce niveau d'exportation qu'au 18ème siècle.
Les vins produits en Aquitaine sont alors issus d'un mélange de raisins blancs et noirs (plantés ensemble dans les vignobles) qui donnent un vin léger à la couleur rouge pâle (clairet) qui prend le nom de Claret wine en Angleterre par opposition aux vins du haut-pays portant le nom de Black wine car issus essentiellement de raisins noirs et tanniques.
Après le 17 juillet 1453 et la défaite anglaise à la bataille de Castillon, le duché d'Aquitaine est rattaché à la France. Charles VII (1403-1461), roi de France (1422-1461) annula le Privilège bordelais.
En mars 1462, le roi Louis XI (1423-1483) rétabli le Privilège de Bordeaux.
Le vignoble sera alors développé par les bourgeois de Bordeaux sur les palus de la Gironde.
Au 15ème siècle, les ventes de vin se développent vers la Hollande qui importe des vins blancs du Blayais, du Bourgeais et de l'Entre-Deux-Mers afin de transformer ceux-ci en eau-de-vie destinée aux pays riverains de la mer Baltique et de la mer du Nord (Allemagne, Russie, Scandinavie...). Dès cette époque, on assiste à une spécialisation du vignoble avec d'un côté des vignobles destinés à produire du vin rouge appartenant à l'aristocratie, aux religieux et à la grande bourgeoisie et un vignoble blanc de production de masse. Les vins rouges ne représentant que de 15 à 20 % du total de la production de l'époque en raison de l'absence de l'usage du pressoir qui n'apparaîtra qu'au 16ème siècle.
Le 28 avril 1599, Henrri IV (1553-1610) fait un édit concédant l'assèchement des marais de la Guyenne à Humphrey Bradley, ingénieur hollandais de Berg-op-Zoom.
En 1600, Jean Louis de Nogaret de La Valette (1554-1642), plus connu sous le nom de duc d'Epernon, passe un accord pour l'assèchement des marais de la seigneurie de Lamarque avec J. Amelin et Conrad Gaucem représentants de Humphrey Bradley. Accords renouvelés en 1628 puis en 1633, pour l'assèchement de 5000 hectares de marais dans le Médoc.
En 1645 et 1647, les offres de dessèchement des marais de Blaye, faites par Banquet, bourgeois de Paris et celles pour les marais de Bordeaux, Bruges, Ludon et Parempuyre faites par M. de Monjourdain sont agrées par le conseil d'état.
Durant le 17ème siècle, les négociants flamands s'implantent sur le quai des Chartrons à Bordeaux et les Provinces Unies (Pays-Bas) deviennent la première destination des vins de Bordeaux tandis que le Royaume-Uni se tourne vers l'Espagne. Dans le même temps, le vignoble se développe au nord de Bordeaux et dans le Bas-Médoc (marais asséchés par les ingénieurs hollandais).
Le 27 octobre 1647, la Jurade de Bordeaux (conseil municipal de Bordeaux sous l'Ancien Régime) établi un inventaire des vins de Guyenne afin de les taxer selon leur valeur qui établi une première hiérarchie des terroirs (sans distinction de couleur) avec un prix plancher et un prix plafond. Il en ressort que les vins les plus chers sont ceux de Barsac, Fargues, Preignac et Pujol (de 28 à 100 livres) et ceux des Graves et du Médoc (26 à 100 livres). A l'opposé, les vins les moins chers sont ceux de Benauge (18 à 20 livres) et ceux de Blaye (18 à 24 livres qui sont des vins blancs destinés à la distillation aux Pays-Bas.
En 1662, la fabrication et la commercialisation de la bière est interdite à Bordeaux.
En 1698, l'intendant de la généralité de Bordeaux, Louis Bazin de Bezons ( ?-1700) dénonce l'important développement de la vigne au détriment de la production de céréales.
Le 17 janvier 1709, une terrible gelée va presque entièrement détruire le vignoble des Graves. Cela va permettre l'essor du vignoble du Médoc lors des deux décennies suivantes et l'on connaît cette période sous le nom de « Fureur de planter » car dans le même temps, les exportations vers les colonies des Antilles se développent. Les exportations vers les Pays-Bas commencent à diminuer et sont compensées par la vente de vin directement à l’Allemagne, la Russie et aux pays scandinaves. Ce n'est qu'à partir de cette époque que les villes françaises découvriront les vins de Bordeaux.
En 1723, Pierre Mitchell (1687-1740), ressortissant irlandais jacobite naturalisé français et futur propriétaire du château Le Tertre, obtient le privilège pour l'ouverture d'une Verrerie royale de Bordeaux.
Le 27 février 1725, le conseil d’État interdit toute nouvelle plantation de vignes dans l'étendue de la Généralité de Bordeaux sans permission expresse de Sa Majesté, à peine de 3000 livres d’amende.
En 1728, l'interdiction de commercialiser des vins en bouteilles sur le territoire français est levée.
En 1735, la contenance des bouteilles est définie, ce qui va encourager la pratique.
Les méthodes de vinification évoluent également :
-Apparition du soutirage.
-Vieillissement en fût de chêne.
-Mise en bouteille et obturation de celle-ci par un bouchon.
En avril 1776, Turgot (1727-1781) supprime le privilège de Bordeaux en autorisant le libre accès au port de Bordeaux de tous les vins. Privilège rétabli quelques temps plus tard après l'éviction de Turgot.
Ce n'est qu'à la fin du 18ème siècle, que le port de Bordeaux retrouvera le même niveau d'activité qu'au 14ème siècle.
A la Révolution française, Bordeaux ets la troisième ville de France derrière Paris et Lyon avec 95000 habitants et le plus important port de France.
Le 4 août 1789, la suppression des privilèges par l'Assemblée Nationale rend de fait caduque le Privilège de Bordeaux.
La Révolution française provoqua une stagnation des ventes des vins du Bordelais mais également un démembrement ou un transfert des domaines (saisis sous le nom de Biens nationaux) appartenant à l'aristocratie vers des bourgeois, des négociants et des paysans aisés.
Dès 1793, le conflit avec le Royaume-Uni provoque un effondrement du trafic maritime à destination des Antilles.
A compter de novembre 1806, le blocus continental va provoquer une chute de la totalité des exportations.
En 1852, la crise de l'oïdium va provoquer une baisse sensible de la production. Cette nouvelle maladie de la vigne apparue en 1851 à Podensac, va provoquer une baisse importante de la production à compter de 1852 et ne retrouvera ses niveaux qu'à compter de la récolte 1856.
Le 18 avril 1855, à la demande de Napoléon III (1808-1873), la chambre de commerce de Bordeaux fait établir un classement permettant aux étrangers de « comprendre » les vins blancs et rouges de la région bordelaise.
A compter du 15 janvier 1860, le second empire (1852-1870) va relancer le commerce des vins de Bordeaux par la suppression des droits de douane entre l'Angleterre et la France notamment.
Le vignoble bordelais va alors connaître une forte période d'expansion avec l'arrivée de nouveaux investisseurs (Rothschild entre autres) et de nouveaux marchés à l'exportation tels que : l'Amérique du sud, les États-Unis mais également l'île Maurice et la Réunion.
Le 11 juin 1869, sur la commune de Floirac dans la propriété de Monsieur Laliman, La Tourate, on découvrit pour la première fois le phylloxéra dans le vignoble bordelais. C'est le début de la crise du phylloxéra qui atteindra son apogée vers 1880-1885 et en 1881 débute celle du mildiou qui connaîtra son maximum en 1886.
Au début du 20ème siècle (1900-1910), le vignoble bordelais, après la replantation avec des porte-greffes américains, connaît une crise de surproduction due principalement à la concurrence avec le vignoble du Languedoc et au fait que tout vin vendu à Bordeaux est appelé « Bordeaux ». La superficie du vignoble est alors de 140000 hectares.
1901, création de l'Union syndicale des propriétaires des crus classés du Médoc.
Novembre 1908, création du Syndicat des crus bourgeois du Médoc.
En 1909, le conseil d'état statuant en assemblée générale défini la délimitation de la région dont les vins ont un droit exclusif à l'appellation Bordeaux. Cette délimitation comprend la totalité du département de la Gironde excepté les cantons d'Arcachon, Audenge, Belin, La Teste, Captieux et les communes de Carcans, Hourtin, Brach, Lacanau, Le Porge, Saumos, Le Temple. Hostens, Saint-Symphorien, Lerm-et-Musset, Bourideys, Cazalis et Lucmau. Dans le département de la Dordogne : dans le canton de Vélines, les communes de Carsac, Minzac, Montpeyroux, Saint-Martin de Gurçon, Saint-Méard de Gurçon, Villefranche-de-Longchapt. Dans le canton de Sigoulès : les communes de Cunèges, Flaugeac, Gageac à Rouillac, Mescoulès, Monbazillac, Monbos, Monestier, Pomport, Puyguilhem, Razac-de-Saussignac, Sigoulès et Thénac. Dans le canton de la Force : Prigonrieux. Canton d'Issigeac : Bouniagues, Colombier. Canton de Bergerac : Bergerac (partie de la commune située au nord de la ligne du chemin de fer de Libourne au Buisson), Lembras, Saint-Laurent des Vignes et Saint-Nexant. Dans le département du Lot et Garonne : dans le canton de Marmande : Beaupuy, Saint-Martin Petit et Sainte-Bazeille (partie située au nord du chemin de fer de Bordeaux à Cette), Marmande (partie située au nord de la ligne de chemin de fer précédente et de la route nationale 133) et Virazeil (partie située au nord de la nationale 133). Dans le canton de Seyches, les communes de Castelnau-sur-Gupie, Escassefort, Lagupie, Mauvezin, Seyches (partie de la commune située sur la rive droite du Trec). Dans le canton de Duras : les communes de Baleyssagues, Duras, Esclottes, Loubès-Bernac, Pardaillan, Saint- Astier, Sainte-Colombe-de-Duras, Saint-Jean de Duras, Saint-Sernin, Savignac, Soumensac et Villeneuve de Duras. Cela représentait 517 communes de la Gironde, 41 de la Dordogne et 21 du Lot et Garonne.
Le 18 février 1911 est publié un décret définissant les délimitations géographiques de l'aire d'appellation Bordeaux en choisissant les limites administratives du département de la Gironde. Ce qui exclura définitivement le Bergeracois et le Marmandais de l'aire d'appellation d'origine Bordeaux.
Durant la première guerre mondiale, les réquisitions de l’armée française représentent le tiers de la production du vignoble bordelais.
En 1917, la superficie du vignoble du département de la Gironde est de 139295 hectares.
La loi du 6 mai 1919 permet de définir les appellations d'origine en faisant déterminer par les tribunaux administratifs les délimitations viticoles et les usages des zones d'appellation.
En 1919, la production totale en vin du département de la Gironde est de 5096200 hL.
Le 22 juillet 1927, une loi complète celle de 1919 obligeant à utiliser des cépages selon les usages locaux, loyaux et constants.
En 1931, le Comité Départemental des vins de Bordeaux est créé pour promouvoir les vins de Bordeaux.
Le 28 avril 1932 sous l'autorité de la Chambre de Commerce de Bordeaux et de la Chambre d'Agriculture de la Gironde est établi un classement des crus bourgeois par 5 courtiers en vin (S Damade, G Lawton, P Moreau, mètres Fillon, P de Rivoyre).
Le 30 juillet 1935, un décret-loi crée les appellations d'origine contrôlée et impose la création du Comité National des Appellations d’Origine, une délimitation géographique de l'appellation, l'encépagement, le titre alcoométrique minimal et les procédés de vinification.
Le 14 novembre 1936, l'appellation d'origine contrôlée Bordeaux est créée en même temps que l'appellation Médoc.
Le 22 février 1945, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux est créé et remplace le Comité Départemental des vins de Bordeaux. Le 18 août 1948, l’Assemblée nationale officialise sa création.
Le 10 septembre 1951, l'appellation Bordeaux clairet est créée.
En février 1956, une grande partie du vignoble est détruit par de très fortes gelées notamment sur Pomerol et Saint-Emilion.
Le 28 mars 1962, l'appellation Bordeaux mousseux est créée.
Le 6 janvier 1967, le syndicat viticole régional des appellations d'origine contrôlée Bordeaux et Bordeaux Supérieur est créé. Il représente les appellations : Bordeaux (blanc, clairet, rosé, rouge), Bordeaux supérieur (blanc, rouge) et Crémant de Bordeaux (blanc, rosé). A cette époque, les vins blancs représentent 60 % de la production totale de Bordeaux.
En 1973, une modification au classement de 1855 fut apportée : Jacques Chirac, ministre de l'agriculture de l'époque, signe le décret de « mise à jour » du classement, le château Mouton-Rothschild (en accord avec les autres 1ers Crus), passe du statut de second à celui de premier cru classé.
Durant la décennie 1970, la production s'équilibre entre les vins blancs et les vins rouges de l'appellation.
Le 3 avril 1990, l'appellation Crémant de Bordeaux remplace l'appellation Bordeaux mousseux.
Depuis 2000, l'essentiel de la production des vins de Bordeaux s'effectue en vins rouges (87%).
Dernière modification: 27 Novembre 2017
Éditeurs: Sylvain Torchet
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