.: ABC du Vin :.
Appellations et Crus classés
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Château Cantemerle

Catégorie de l'appellation
Classement Cru Classé du Médoc
Date du classement 18/04/1855 5ème Grand cru Classé du Médoc
Carte Haut-Médoc
Caractéristiques géographiques
Pays France
Région Bordelais
Sous-région Médoc
Commune(s)
  • Macau-en-Médoc.

Sol Argile, graves
Superficie (ha) 87
Climat Océanique
Couleurs et cépages
Couleur(s) Rouge
Encépagement Cabernet-sauvignon, Merlot, Cabernet franc, Petit verdot
Production (hl)
Dégustation
Type de vin
Température de service
Garde potentielle
Autres informations
Appellation(s) rattachée(s) Haut-Médoc
Appellation(s) de repli(s)
Site internet Site de la propriété ou du propriétaire
Caractéristiques
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Présentation :
Propriété de 328 hectares située sur les communes de Ludon et de Macau à une quinzaine de kilomètres au nord de Bordeaux, au nord du château la Lagune et dont le vignoble s'étale de chaque côté de la départementale 2 (Bordeaux-Pauillac).
Le vignoble de 90 hectares (50 % Cabernet-sauvignon, 40 % Merlot, 5 % Cabernet franc, 5 % Petit verdot) est disposé sur un sol de graves sableuses.
Le vignoble a connu de nombreux changements de superficie puisqu'il a varié de 110 hectares à la fin du 19ème siècle à 22 hectares au milieu des années 1970.
Le nom du domaine vient d'une légende datant de la guerre de cent ans : un canon surnommé le « merle » était dans le manoir fortifié et lorsque les soldats anglais occupèrent celui-ci, ils pillèrent la cave et s'enivrèrent. Les français utilisèrent le canon et l'énorme bruit de celui-ci provoqua la débandade des soldats anglais terrifiés.

Histoire :
Le premier seigneur de Cantemerle que l'on connaisse est Pons de Cantemerle (Poncio de Canta Merla) que l'on retrouve en 1147 aux côtés de Bertrand d'Angludet et Raymond de la Salle comme témoins d'Arnaud de Blanquefort, lorsque celui-ci signa la veille de son départ pour la deuxième croisade au palais de l'archevêché de Bordeaux, la demande aux moines de la Sauve de céder à l'abbé de Burnetum le lieu de Jalet qu'il leur avait donné précédemment (entre 1126 et 1147) et leur accorde en échange plusieurs lieux et droits de pêche (Grand Cartulaire de l'Abbaye de la Sauve Majeure).
En 1242, on retrouve un autre Pons de Cantemerle dans une lettre circulaire adressée par Henri III roi d'Angleterre l'invitant à se rendre en Saintonge pour la bataille de Taillebourg (21 juillet 1242, défaite contre Saint-Louis) au côté d'Arnaud de Blanquefort (1215-1256).
A cette époque la seigneurie est située au nord de Ludon-Médoc à 500 mètres du château actuel sur une motte circulaire près de la source de la Mouline et les villages de Lafont, La Lagune et Paloumey en sont des dépendances. Le château fait alors parti d'une ligne de fortifications défendant les rives de la Gironde et est même dotée d'un port.
Le 22 mars 1274, Gaillard de Cantemerle et Amanieu Artaud de Cérons signent un acte de reconnaissance. La baronnie de Cantemerle est alors rivale de celle d'Agassac.
En 1340, Ponset de Cantemerle est le seigneur de Cantemerle.
En 1354, première trace d'un vignoble sur la seigneurie avec le paiement de la dîme à Ponset de Cantemerle, seigneur de Cantemerle, au moyen d'un tonneau de clairet.
Gaillard de Cantemerle lui succède, puis, Raymond de Cantemerle qui meurt sans doute sans héritier.
En 1369, Edouard III nomme seigneur de Cantemerle Louis Chabot, celui-ci recevant de ses sujets 1/6ème des récoltes essentiellement céréalières à l'époque.
Le 1er février 1422, Jean de Caupène est désigné comme seigneur de Cantemerle.
Son fils, Médard de Caupène est le seigneur de Cantemerle en Médoc le 30 novembre 1493 et sa fille Jeanne de Caupène épousa Henry de la Rocque.
Charles de la Roque, écuyer et fils de Henry de la Rocque, est désigné seigneur de Cantemerle le 26 janvier 1510.
Le 15 mai 1536, Jehan de la Roque, seigneur du Gua est également seigneur de Cantemerle.
En 1575, le vignoble ne produit que 12 barriques de vin.
Le 20 août 1579, Jean de Villeneuve, président à mortier du Parlement de Bordeaux depuis 1569, achète les maisons nobles de Cantemerle, Nestérieu et la Raze avec toutes leurs dépendances pour la somme de 12500 livres ou 4166 écus et deux tiers d'écu à François de Geoffre. Cela forme un domaine d'une superficie de 340 hectares.
Le 18 janvier 1577, sa fille cadette Marie Catherine épouse Lancelot de Donissan, écuyer et seigneur de Citran, de Donissan…
En 1596, Jean de Villeneuve épouse Antoinette de Durfort, dame de Fauguerolles et ajoute le nom de sa femme à son nom.
Dans le même temps, l'exploitation de la vigne devient l'activité principale du domaine et se fait au moyen de bail à métayage.
A cette époque, le château tombe en ruine, une échauguette (guérite) d'environ deux mètres est récupérée et transplantée à Sauves, ancienne maison noble, où est situé l'actuel château de Cantemerle, sur la commune de Macau à 500 mètres du précédent.
Le seigneur de Cantermerle suivant est Louis de Villeneuve de Durfort ( ?-1679) époux depuis le 28 février 1660 de Marie de Cazaux ( ?-1693). Son frère Hector de Villeneuve résidait à Sauves où étaient situées les installations de vinifications, une des maisons nobles dépendant de la seigneurie de Cantemerle sur la commune de Macau-Ludon. Les deux châteaux étant reliés par une allée d'1,5 kilomètres.
La seigneurie passe ensuite à Emmanuel de Villeneuve ( ?-1732) marié le 13 décembre 1687 avec Jeanne de Moissin.
En 1698, son fils, Pierre Villeneuve de Durfort (?-1742), écuyer, est seigneur de Macau et co-seigneur de Cantemerle.
Son fils, Joseph-Emmanuel Villeneuve de Durfort (1727-1802) est baron de Cantemerle et époux depuis le 19 juin 1753 de Jeanne Félicité de Chaperon (1733-1811). Le 15 décembre 1749, Joseph-Emmanuel Villeneuve de Durfort devient conseiller lai au Parlement de Bordeaux. Il est démissionnaire de ce poste le 7 mars 1759 pour permettre à son beau-frère, François-Joseph de Chaperon de Terrefort (1734-1794) de lui succéder.
En 1776, Labadie, courtier établissant une nomenclature des domaines de la Guyenne à l'attention de Dupré de Saint-Maur, intendant général classe le cru de Villeneuve au 1er rang de la commune avec une valeur de 300 à 350 livres le tonneau à égalité avec le cru Cambon (Château Cambon la Pelouse).
Joseph-Emmanuel Villeneuve de Durfort assistera à l'assemblée de la noblesse en 1789.
Durant la Révolution française, le château construit au lieu-dit Sauves devient la résidence principale de la famille Villeneuve de Durfort.
Durant la première moitié du 19ème siècle, le château est agrandi et ressemble à un bâtiment carré avec deux ailes en équerre.
Après le décès de Joseph-Emmanuel Villeneuve de Durfort, son fils Jean Villeneuve de Durfort (1757-1834), émigré en Hollande à la Révolution et maire de Macau après celle-ci, hérite du domaine.
Dès cette époque, les vins du domaine de Cantemerle sont appréciés aux Pays-Bas et sont donc vendus directement sans passer par les courtiers et négociants de la place de Bordeaux.
Après le décès le 13 décembre 1834 de Jean Villeneuve de Durfort, l'héritier est Pierre Jules Villeneuve de Durfort (1815-1844). Celui-ci étant mineur, c'est sa mère Françoise (belle-sœur du baron Joseph de Pichon-Longueville), née de Lalande, qui prend la direction du domaine jusqu'à sa majorité.
9 ans plus tard, en août 1844, Pierre Jules Villeneuve de Durfort décède. Le domaine est alors repris par sa mère et sa sœur Jeanne-Armande de Villeneuve de Durfort (?-1891) qui épousa le 28 novembre 1802 Charles Baptiste Oswald d'Abbadie d'Ithorrotz, baron de Saint-Loup.
le 19 juillet 1845, Monsieur Pierre Chadreuil, propriétaire de château Pibran, se voit refuser par le tribunal de Bordeaux l'utilisation de la mention « Cantemerle, Château Pibran » suite à la plainte des dames Villeneuve de Durfort, propriétaire de château Cantemerle. Décision confirmée en appel le 24 mars 1846.
En 1850, Louis-Bernard Fischer crée le parc de 28 hectares composé de cyprès chauves, d'ifs, de platanes et de magnolias et un lac naturel.
Le 28 septembre 1852, Jean-Baptiste Fleuret (1807-?), comte de la Vergne, régisseur du domaine, publie « L'oïdium de la vigne, étude et moyens de la combattre ». Il a effectué ses premiers essais de lutte contre l'oïdium dans le vignoble du château Cantemerle et en 1857, il crée un soufflet permettant d'effectuer facilement le soufrage.
En 1855, le domaine est classé dans la cinquième catégorie des crus du Médoc.
En réalité, le domaine n'est pas mentionné dans le premier classement proposé le 18 avril 1855 mais ajouté durant l'exposition universelle, le 19 septembre 1855 sur demande d'Auguste Perrin, président du conseil d'administration du syndicat des courtiers. Cet oubli s'explique par le fait qu'à l'époque le château Cantemerle n'était pas commercialisé par le négoce bordelais mais exporté dans son intégralité vers les Pays-Bas.
A cette époque le vignoble a une superficie de 91 hectares environ.
En 1874, la baronne d'Abadie de Villeneuve de Durfort est la propriétaire d'un domaine de 400 hectares pour un vignoble de 110 hectares et c'est le comte de La Vergne qui gère le domaine.
Lors de la crise du phylloxéra, la superficie du vignoble sera divisée par deux entre 1880 et la fin du 19ème siècle.
Le 29 juin 1892, le domaine est vendu aux enchères par les héritières de Jeanne-Armande de Villeneuve de Durfort : Marie-Laurence-Caroline d'Espalungue d'Arros, Julie de La Faye et Marie de La Faye. L'acheteur est la société de négoce Calvet pour la somme de 600000 francs qui revend le domaine une quinzaine de jours plus tard à Théophile-Jean Dubos (1837-1905), vice-président du Syndicat des crus classés du Médoc.
Le 4 avril 1899, Henriette Marie Dieudonnée Suzanne de Morin de Senneville (?-1877) épouse Jean Louis "Pierre" Dubos (1875-1962) et, même si je n'ai pas trouvé le lien de parenté entre Henriette et le baron de Vassal, c'est ainsi que Pierre Dubos devient copropriétaire du château de la Tour de Mons (avec le baron Henri de Vassal) et des autres vignobles rattachés comme celui de la Tour de Bessan.
Dès cette époque, une marque est créée en plus du premier vin : château Royal-Médoc.
En 1905, après le décès de Théophile-Jean Dubos, Pierre-Jean (1875-1962) et Bernard-Jean (1877-1954) Dubos prennent la direction du domaine.
En 1923, Pierre Dubos reprend les parts de son frère et dirige seul le domaine.
Durant la première moitié du 20ème siècle, comme beaucoup d'autres domaines du Médoc, la superficie du vignoble va diminuer pour atteindre 25 hectares en 1945 pour une propriété de 330 hectares.
Entre 1942 et 1945, le domaine de Cantemerle est occupé par les allemands qui y créent un camp de prisonniers dirigé par l'organisation TODT.
Après le décès de Pierre Dubos, en 1962, ces deux filles Bernadette (1901-1998), épouse Clauzel, et Pia (1900-1981), épouse Binaud, deviennent les propriétaires du domaine.
Henri Binaud (1902-1981), responsable de la société de négoce Beyermann va diriger le domaine avec son neveu Bertrand Clauzel, fils de Bernadette Dubos, jusqu'en 1977.
A compter de 1977, Bertrand Clauzel dirigera seul la propriété. La superficie du vignoble à cette époque tombe à 22 hectares.
En 1981, la société d'assurances, Société des Mutuelles d'Assurance du Bâtiment et des Travaux Publics (SMABTP) rachète le domaine et entame d'importants investissements avec notamment la replantation du vignoble.
La gestion du domaine est confiée aux établissements Cordier.
En parallèle, les chais sont entièrement rénovés avec l'installation de cuves inox thermorégulées d'une capacité de 2200 hectolitres sont installées.
La superficie du vignoble est alors portée à 33 hectares en 1980, 48 hectares dès 1984, puis 60 hectares en 1987 et 70 hectares en 1993. La densité moyenne de plantation variant entre 7500 et 10000 pieds par hectare selon les parcelles.
En 1990, un second cuvier est construit avec une capacité de 3400 hectolitres avec des cuves tronconiques en chêne afin de permettre une vinification parcellaire.
En 1993, la collaboration avec les établissements Cordier cesse et la direction du domaine est confiée à Philippe Dambrine. Pascal Berteau est le maître de chai.
A partir du millésime 1995, le château Cantemerle est commercialisé par les négociants de la place de Bordeaux et le second vin change de nom pour devenir Allées de Cantemerle.
En 1999, 20 hectares de vignoble situés entre le château La Lagune et le château Cantemerle sont rachetés et permet au domaine de porter la superficie de son vignoble à 90 hectares. La moitié du vignoble est enherbé et l'encépagement est rééquilibré passant de 40 % Merlot, 35 % Cabernet-sauvignon, 23 % Cabernet franc et 2 % Petit verdot à 50 % Cabernet-sauvignon, 40 % Merlot, 5 % Cabernet franc, 5 % Petit verdot. La densité moyenne de plantation étant portée à 9600 pieds par hectare. Un programme de replantation du vignoble prévoit le remplacement annuel de 2 hectares.
Avec cet achat, un nouveau cuvier de 2400 hectolitres en ciment est construit.
En 2004, une machine à égrapper et trier le raisin est installée.
L'oenologue conseil du domaine est Eric Boissenot.

Les vins :
Le second vin du domaine porte le nom de : Les Allées de Cantemerle.
S'appellait auparavant : Baron Villeneuve de Cantemerle jusqu'au millésime 1994.
Densité moyenne de plantation : 9600 pieds à l'hectare.
Vendanges manuelles. Vendanges mécaniques pour les jeunes vignes.
Élevage en fût de chêne de 12 mois (50 % neuf) et élevage de 4 mois en cuve après assemblage.
Rendement moyen : 50 à 55 hl/ha.
Production moyenne annuelle : 4300 hl/an (grand vin : 3750 hl/an).
Dernière modification: 21 Avril 2019
Éditeurs: Sylvain Torchet
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